Testament.
Il était enfin temps d'écrire ces mots. Je ne pouvais me permettre de vous quitter sans vous dire au revoir. Car ça fait trop longtemps que j'attends ce moment & qu'il m'appelle, silencieux & puissant. Cela ne sert à rien de continuer aveuglement en sachant que ça mènera à la même chose au final. Je ne suis pas allée au bout de mes envies, de mes désirs, de mes ambitions, de mes espoirs... Ainsi, je préfère vous laisser & quitter la route à travers les bois (hum, que de poésie.) Parce que j'ai perdu l'espoir de réaliser mes rêves. J'ai enfin trouvé une solution & une réponse à tous mes problèmes & questions, alors laissez moi régler cela avec moi même. Ne me jugez pas, traitez moi d'égoïste si vous voulez, mais rien ne changera, j'ai pris ma décision. Oui je m'enfuie, oui je suis une lâche cependant je n'en peux plus, il me fallait une issue, la voilà. Beaucoup de temps que j'y songe, j'ai enfin trouvé le courage, ne me l'enlevez pas. Votre vivante vie ne changera pas, ne tenez plus compte de moi. Mon c½ur ne peut plus se briser, mais souffrir il en est encore capable. La douleur physique est plus dure à cacher que la souffrance intérieure. J'en avais assez de ces faux sourires. Assez de raconter des âneries pour faire croire que je suis heureuse & drôle. Assez de douter, de me remettre en question, de me taire, de me plaindre, de vous mentir, d'entendre cette pseudo conscience... Je ne me sentirai plus jamais de trop. Plus jamais seule. Je ne pleurerai plus. Et ce cri strident intérieur s'éteindra. Ce corps hideux, repoussant, abject, horriblement horrible, que j'ai toujours haïs & que vous n'avez jamais réussi à me faire changer de regard sur celui ci, ne sera plus tout à fait mien. J'ai mérité toutes les merdes qui me sont arrivées car je suis, pardon, j'étais un être monstrueux & pervers. Ce sera la dernière fois que je ressens le froid, la douleur... Certaines choses vous heurte sans vous blesser, & d'autres, si inoffensives vous retournent bien plus que l'estomac. L'impression d'avoir toujours été spectatrice de ma vie, je vous regarderai une dernière fois. Voir vos visages réagir à la nouvelle de ma mort. Voir la tête de ma mère quand le légiste lui dira que je ne suis plus vierge, s'il le lui dit. Un acte entier réservé uniquement à ma petite vie qui vient de s'éteindre & qui chamboule toutes les autres. En tout cas, celles que j'aurai "marquées". Grâce & remerciement à ceux qui ont toujours été là pour moi, depuis le début ou depuis quelques temps. Pour citer Pascal, une fois de plus, & une dernière fois ; Tous les hommes recherchent le Bonheur. Jusqu'à ceux qui vont se pendre. De votre détestable Cyprine, oubliez moi, ou pas. Adieu.